Ma Boulette

Mise à jour octobre 2012 :

Après un rêve qui m’a recalé au centre de cette histoire, je n’ai plus envie de vous la raconter. Je ne trouve plus non plus que c’est le changement le plus profond que j’aie vécu dans ma vie. Il aurait pu l’être, mais c’est aujourd’hui, dans un climat serein, que je progresse le plus. Pour le reste je ne change rien à ce texte qui me parle encore un an après.

Difficile de faire du lancer de boulette sans parler de « Ma Boulette ». C’est à la fois l’histoire du changement le plus profond que j’ai vécu dans mes perceptions du monde et mon comportement, et l’histoire de ma rencontre, de la relation mouvementée et de la séparation brutale avec une chanteuse qui, tour à tour, s’est imposée dans ma vie, m’a accompagné dans ma recherche, a essayé de se l’approprier, puis de l’empêcher, pour finalement tout envoyer promener et me rayer d’un trait de crayon.

Son arme principale étant le mensonge, en particulier par omission, j’ai traversé cette épreuve par la parole. Je continue aujourd’hui par l’écrit.
Après avoir cru à tort à la triangulation, je suis maintenant convaincu du pouvoir libérateur de la médiatisation. Tout donner à tout le monde. Sans réserve. Il n’est alors plus possible de manipuler ou d’être manipulé. Les témoins sont trop divers et complexes. En plus je n’éprouve plus le besoin de parler de cette époque. J’ai essayé avec des personnes ayant des liens divers avec moi et ce n’est jamais complètement satisfaisant. Cette histoire prend trop de place et nous détourne de nos relations. En plus je me retrouve à dire plusieurs fois la même chose, et à passer les mêmes éléments sous silence.
Je vais donc coucher ici toute notre histoire. Nos écrits, nos actes, les évènements et leurs effets sur nos créations artistiques.
Il y aura une part de subjectivité du fait du déséquilibre de cette médiatisation. Je ne peux en effet donner que mon avis et pas le sien, que je ne connais pas, et que je refuse d’inventer.

Je vais par contre pouvoir donner ma propre opinion à différents moments. Cette opinion a beaucoup évolué, en particulier depuis que ma Boulette est partie et a perdu tout pouvoir sur moi. Les aberrations dans son comportement m’ont à la fois empêché de tourner la page, et permis de découvrir les mécanismes de son action contre moi.
J’ai ainsi pu étudier des troubles du comportements que je lui ai, à tort ou à raison, attribué. J’ai regardé en moi les faiblesses sur lesquelles elle s’est appuyée. J’ai analysé comment les relations humaines peuvent agir sur les progrès et les régressions en chant. Je voudrais présenter ma perception de ce type de troubles qu’on retrouve partout autour de nous et en nous, à des degrés divers, à travers plusieurs exemples.

Surtout, au delà de la vision intellectuelle sur cette épreuve, qui m’a permis de de sortir de certains cul-de-sacs, j’ai conforté mon sentiment premier qu’il y a des forces émotionnelles sur lesquelles on aurait tort de chercher à mettre des mots. C’est cette recherche intuitive que j’avais commencée avant cette rencontre, et qu’elle a gênée, qui est redevenu pour moi la priorité. On en trouve une application concrète et quotidienne dans ce que j’appelle le lancer de boulette. Ma Boulette a ralenti cette recherche, plus ou moins volontairement. Je ne sais pas si c’est une bonne chose. Je la continue de plus belle aujourd’hui, et j’en ressens les effets dans mes nouvelles rencontres et dans mon travail vocal.

La difficulté pour moi va être de concilier la sérénité, nécessaire à ces relations humaines et ce travail à la fois technique et émotionnel, et la fouille archéologique en eau trouble que j’ai enfin décidé d’entreprendre après deux ans d’atermoiement.